LES MOTS DE LA SCÉNOGRAPHIE
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Belvédère
5ème façade
Conservation préventive
Acoustique
Ecoresponsabilité
Accessibilité
Budget
Rythme
Volume
Médiation
La façade
Collection
Circulation
Lumière
Belvédère
Qu’est-ce que c’est ?
Le mot belvédère vient de l’italien « bello » et « vedere », qui signifie ‘beau’ et ‘voir’. Le terme apparaît à la Renaissance pour désigner des plateformes ouvertes construites en hauteur pour dévoiler de belles vues. Aujourd’hui, le mot fait référence aux structures qui sont bâties expressément pour donner une vue sur quelque chose de beau, comme les collections du musée de l’IMA !
En quoi ça concerne le musée ?
Dans le musée de l’IMA, le 7e et le 5e étages donnent une vue surplombante sur les collections à l'étage inférieur. A ce rôle esthétique s’ajoute un but fonctionnel, celui de laisser circuler les visiteurs tout en présentant des œuvres, malgré leur caractère étroit.
Comment est-ce que ça va impacter la scénographie ?
Les belvédères vont véritablement incarner le sens du mot, en offrant à la fois une vue sur les œuvres et sur la ville. Les scénographes travaillent l’implantation des œuvres non seulement sur mais aussi depuis les belvédères - les points de vue et les perspectives sont multipliés. Les belvédères permettent aux scénographes de travailler l’espace de manière créative en jouant sur la verticalité et les volumes.
Mots des scénographes
“Le belvédère est essentiel car on se retrouve sur de la double hauteur, et en confrontation avec les façades et avec le paysage à l'extérieur. Le belvédère impose aussi quelque chose à voir. L'objectif de notre scénographie,c'est de jouer avec ce qu'on voit du dessus ou ce qu'on voit à l'horizontale. On va aussi jouer avec la notion de garde-corps pour y installer des choses qui soient en lien avec la collection.”
5ème façade
Qu’est-ce que c’est ?
La 5e façade est un terme d'architecture qui fait référence au toit d’un bâtiment. Le terme implique que le toit remplisse sa fonction de couverture, et qu’il soit aussi rendu visible. Un roof-top par exemple, un toit qui devient un lieu de divertissement, est un exemple de 5e façade.
En quoi ça concerne le musée ?
Le plafond du musée de l’IMA est un terrain fertile car il est à la fois visible depuis l'intérieur du musée, en particulier depuis les belvédères, mais aussi visible depuis la rue par les passants. La 5e façade permet donc de tisser le lien entre l'intérieur et l'extérieur, de créer un dialogue avec la ville.
Comment est-ce que ça va impacter la scénographie ?
La nouvelle scénographie va chercher à mobiliser l’espace du plafond. Les scénographes réfléchissent à une manière de rendre intéressant le plafond pour les piétons - il pourrait intriguer les passants, les inviter à entrer à l'intérieur du bâtiment. Au-delà du plafond, le musée a une autre surface mobilisable : le dessus des vitrines, désormais visibles depuis les belvédères.
Mots des scénographes
“Jean Nouvel parle de la cinquième façade souvent dans ses projets. Nous souhaitons rouvrir le musée et avoir une lisibilité depuis la rue. Le soir, il y a des événements dans le musée. On va voir cette activité du musée depuis la rue. Avec nos cimaises qui sont en double hauteur, on va voir les œuvres d'art à l'intérieur. On va voir cette activité, et montrer le dynamisme du musée.”
Conservation préventive
Qu’est-ce que c’est ?
La conservation préventive, c’est l’ensemble des actions mises en place pour protéger les œuvres et éviter qu’elles ne s’abîment. De nombreux facteurs peuvent les endommager, comme la lumière, la poussière, l’humidité, les insectes ou la chaleur. Certains objets sont particulièrement vulnérables face à ces risques, comme les textiles ou les arts graphiques.
En quoi ça concerne le musée ?
L’IMA conserve des collections très diversifiées, comprenant des œuvres particulièrement fragiles. Étant donné que le nouveau musée sera plus ouvert sur la lumière naturelle, cela va exposer certains objets à des risques de détérioration. Les scénographes doivent donc trouver un équilibre entre une exposition adéquate pour les publics et une protection suffisante des œuvres.
Comment est-ce que ça va impacter la scénographie ?
Pour protéger les œuvres exposées, plusieurs solutions ont été proposées par les scénographes. Pour limiter les effets de la lumière, on peut ajouter des filtres anti-UV sur les vitrines ou regrouper les œuvres les plus sensibles dans un cabinet protégé. Certaines vitrines seront également doublées pour renforcer leur étanchéité à la poussière et aux insectes.
Mots des scénographes
“On a la chance que, dans l’IMA, le climat soit stable. La conservation préventive va plutôt se limiter à des questions de mise en valeur des collections. Toutes les pièces fragiles feront l'objet d'une attention particulière, dans leur dispositif de monstration. Pour ce qui est des œuvres sur un support papier, on souhaite les montrer en rotation pour les préserver.”
Acoustique
Qu’est-ce que c’est ?
L'acoustique, c’est tout ce qui est relié au son. Le terme comprend à la fois la diffusion sonore, mais aussi la gestion de la réverbération et des nuisances sonores. La visite d’un musée est une expérience qui implique tous les sens, y compris l’ouïe. Une maîtrise de l’acoustique est donc essentielle dans la construction de l'expérience visiteur.
En quoi ça concerne le musée ?
Le musée de l’IMA occupe un grand volume dans lequel il y a beaucoup d'écho. De plus, le son peut provenir de différentes sources : les dispositifs multimédias, les visites guidées, les visiteurs eux-mêmes, ou encore les événements font tous du bruit. Le but du traitement acoustique est de permettre à ces différentes fonctions de coexister dans le musée.
Comment est-ce que ça va impacter la scénographie ? Scénographie
L'intégralité de la scénographie doit être pensée en rapport avec l’acoustique. Cela commence avec un diagnostic des zones sensibles. Le choix des matériaux, le mobilier, et les éléments architecturaux peuvent tous absorber du son et agir contre la réverbération. Les dispositifs multimédias doivent aussi être pensés pour ne pas créer une nuisance sonore.
Mots des scénographes
« L’acoustique, c’est un vaste sujet. L’architecture de l’IMA n’a pas été pensée pour l’acoustique, donc l’enjeu pour nous est de la traiter au niveau architectural tout en respectant le bâtiment. L’objectif est de trouver le juste dosage pour intégrer des dispositifs sonores qui restent discrets dans l’expérience visiteur. On ne peut pas envisager un musée sur les civilisations arabes sans entendre le son de la langue arabe par exemple.»
Ecoresponsabilité
Qu’est-ce que c’est ?
L'écoresponsabilité est un comportement qui vise à réduire l’impact des humains sur l’environnement et à agir dans un esprit de développement durable. La réduction de la consommation à travers le réemploi et le recyclage sont des piliers de l’écoresponsabilité, qui sont d’autant plus importants dans le contexte de la refonte d’un musée.
En quoi ça concerne le musée ?
Les musées sont des lieux qui consomment beaucoup. Les expositions temporaires et la refonte du parcours nécessitent un renouveau du mobilier scénographique, ce qui implique souvent beaucoup de consommation et de gaspillage. Penser la scénographie de manière éco-responsable vise à réduire cette consommation. Le réemploi a aussi d' autres bénéfices, en particulier celui de faire des économies !
Comment est-ce que ça va impacter la scénographie ?
Dans la mesure du possible, la nouvelle scénographie va remployer le mobilier scénographique actuel, notamment les mécanismes des vitrines et le soclage. De plus, le musée sera pensé d’une manière durable, qui permettra de changer le parcours et les œuvres exposées sans avoir à refaire tout le musée.
Mots des scénographes
« Dans les musées, l’écoresponsabilité est complexe : il faut concilier choix de matériaux, conservation des œuvres et sécurité du patrimoine pour les générations futures. Sur un bâtiment existant, l’enjeu est surtout de réemployer, réutiliser et recycler au maximum les éléments déjà en place. »
Accessibilité
Qu’est-ce que c’est ?
L’accessibilité est un terme qui possède plusieurs sens. Aux yeux de la loi, il désigne la possibilité pour chaque personne d’entrer dans un lieu, d’y circuler et d’accéder à ses contenus et à ses services sans difficultés. Un musée accessible doit donc être conçu pour accueillir tous les publics, en tenant compte de la diversité de leurs besoins et de leurs envies.
En quoi ça concerne le musée ?
L’IMA souhaite mieux accueillir tous les publics en s’appuyant sur le principe d’accessibilité universelle. Grâce à cette approche, le musée est conçu dès l’origine pour répondre à l’ensemble des besoins de ses visiteurs. L’objectif est de créer un lieu véritablement inclusif aux personnes de tous âges et de toutes conditions, quels que soient leurs besoins.
Comment est-ce que ça va impacter la scénographie ?
Les scénographes doivent prendre en compte l’accessibilité dans leur restructuration du musée. Cela se manifeste par l’aménagement des espaces, y compris pour les personnes à mobilité réduite, et par des choix concrets comme la hauteur d’accrochage des œuvres. Pour l’accès aux contenus, il est possible d’y ajouter des outils de médiation inclusifs tout au long du parcours de visite.
Mots des scénographes
“L'IMA est un bâtiment difficilement accessible pour certains publics. On a donc un objectif d’accessibilité globale, pour pouvoir proposer le même parcours à tous les visiteurs. Cela concerne l’accessibilité physique, mais aussi aux contenus. Par exemple via des dispositifs de médiation qui soient lisibles et facilement compréhensibles, voire même des zones de repos.”
Budget
Qu’est-ce que c’est ?
Le budget est une notion au cœur de chaque projet. C’est l’enveloppe d’argent qui est consacrée à sa réalisation. Comme pour son budget personnel, il vaut mieux ne pas dépasser la somme qui a été confiée ! Cependant, ce n’est pas qu’une contrainte, c’est aussi un outil qui permet de planifier et de se projeter dans la réalisation du projet.
En quoi ça concerne le musée ?
Le budget du projet de refonte est complexe vu la transversalité du projet. Chaque dépense prévue fait partie d’une catégorie. Le budget est par exemple divisé entre ce qui est en lien avec la scénographie et ce qui est en lien avec le bâtiment et les travaux structurels. Le coût de chaque élément du projet est planifié en avance de manière fine - le coût d’impression du moindre cartel est prévu à l’avance !
Comment est-ce que ça va impacter la scénographie ?
La scénographie est le reflet du budget, sans lequel elle n’existerait pas. C’est une contrainte fixe qui contribue à la prise de décisions. Certains choix seront véritablement dictés par le budget. Le budget est réparti différemment en fonction des espaces : 17,5 % concerne le 7e étage, 40% concerne le 6e étage, 7,5% concerne le 5e étage et 35% concerne le 4e étage.
Mot des scénographes
“L'enveloppe qui nous est allouée pour l'instant est pour les vitrines, l'accrochage, l'éclairage et les mobiliers scénographiques, mais pas pour le traitement de la coque. On ne va pas pouvoir prendre en compte la remise à niveau du bâtiment. Donc il y a des choses qui sont inhérentes à la muséographie, mais il y a des choses qui sont inhérentes au bâtiment. Ça crée des arbitrages”
Rythme
Qu’est-ce que c’est ?
Une visite de musée est un moment riche en informations et en émotions, à tel point que cela peut créer une véritable fatigue muséale chez les visiteurs. Penser le rythme d’un parcours muséal, c’est structurer celui-ci pour permettre aux visiteurs de rester attentif aux œuvres et aux objets autour d’eux, et ainsi profiter pleinement de l’ensemble du parcours.
En quoi ça concerne le musée ?
Pour l’IMA, il s’agit de construire un parcours de visite qui désamorce la fatigue et la surcharge d’informations qu’une visite peut provoquer. Cela passe par le développement d’espaces de repos et de contemplation, soit face aux œuvres, soit face au panorama offert par la façade vitrée. Ces moments interviennent comme des respirations dans le parcours.
Comment est-ce que ça va impacter la scénographie ?
Les scénographes partagent la responsabilité de restructurer le parcours de visite du musée. Cela implique aussi d’en fixer le rythme. Pour se projeter, ils imaginent la visite comme une partition de musique, avec ses harmonies, ses temps forts, et ses silences. Ils doivent construire ce rythme malgré les contraintes liées au bâtiment et aux œuvres.
Mots des scénographes
« Au vu de la densité des collections, il ne faut pas que le parcours du musée paraisse pauvre. Il faut maintenir une certaine tension, en créant un rythme dans la circulation des visiteurs tout au long du parcours. Cela passe par des espaces denses, des espaces de respiration, des espaces de repos, des espaces d'écoute. »
Volume
Qu’est-ce que c’est ?
Les objets et les œuvres exposés dans un musée ont tous des dimensions différentes. Cette réalité évidente constitue une contrainte majeure concernant l’agencement des objets dans les espaces d’exposition. Une toile monumentale ne s’accroche pas n’importe où. Il faut prendre en compte par exemple sa taille, la hauteur sous plafond, et la distance nécessaire entre elle et l'éclairage.
En quoi ça concerne le musée ?
Le musée de l’IMA, comme tous les autres, fait face à des problématiques liées aux volumes des œuvres et objets exposés. Ses collections sont par ailleurs extrêmement diversifiées, comprenant des objets de toutes tailles et dimensions. Par ailleurs, l’architecture et l’agencement particulier des espaces impliquent des contraintes supplémentaires.
Comment est-ce que ça va impacter la scénographie ?
La prise en compte du volume des objets est une étape incontournable pour les scénographes. Cela prend la forme d’une analyse programmatique comprenant la mesure des œuvres et des objets. Il s'agit ensuite d’arbitrer et d’assurer une répartition équilibrée des œuvres, tout en respectant des mesures de conservation préventive et les éventuelles consignes des donateurs.
Mots des scénographes
« Pour les grands objets, il y a la question de la capacité même d'installer les œuvres dans les espaces. On n’a plus les mêmes moyens qu’à la création du musée, on ne peut pas se permettre des opérations de montage trop importantes. Sur la question de montrer les petits objets, là c'est vraiment un travail de soclage, d’élévation, de composition des vitrines, d'éviter l'objet isolé. »
Médiation
Qu’est-ce que c’est ?
La médiation culturelle, c’est ce que vous êtes en train de lire ! Ce sont toutes les actions qui visent à transmettre les informations au public. La médiation a un rôle de pont - elle facilite l’accès à la culture pour tout le monde. Texte de salle, cartels, visites guidées, ateliers, dispositif numérique, tout cela fait partie de la médiation.
En quoi ça concerne le musée ?
Le musée de l’IMA est conçu pour le public et pour transmettre, et son espace doit le refléter. Le musée accueille des dizaines de visites en groupe par jour, ainsi que des visiteurs individuels, des événements, et des ateliers. L’espace et les dispositifs de médiation doivent être adaptés et accessibles pour tous les visiteurs.
Comment est-ce que ça va impacter la scénographie ?
L'intégration de la médiation au parcours doit être pensée dès le début. On prévoit des zones de rassemblement pour les groupes. L’implantation des textes est pensé pour améliorer la lisibilité du parcours. Le numérique prend aussi sa place à travers des dispositifs sensibles et immersifs. Le placement des dispositifs dans le parcours est aussi important, pour qu’ils puissent soutenir le propos.
Mot des scénographes
“On a pour objectif de créer des dispositifs de médiation qui soient lisibles, accessibles et compréhensibles. On travaille à identifier quels sont les endroits où il pourrait y avoir une médiation spécifique avec des éléments tactiles. Aujourd’hui, faire un musée sans numérique, ce n'est pas envisageable. Nous recommandons une approche raisonnée, où le numérique est au bon endroit, à bon escient, et dans le bon équipement.”
La façade
Qu’est-ce que c’est ?
La façade est la partie visible de l’extérieur d’un bâtiment. Elle constitue l’interface entre l’espace public et l’espace intérieur. Par ses matériaux, ses ornements et son traitement architectural, elle exprime l’identité du bâtiment, son usage et son inscription dans son environnement urbain.
En quoi ça concerne le musée ?
La façade des moucharabiehs tournée vers le sud accueille les visiteurs dans une maison arabe. La façade nord, arrondie pour suivre la courbe de la Seine, fait face au Paris ancien de l'Île Saint-Louis. La faille, quant à elle, tournée vers l’ouest aligne le bâtiment sur la cathédrale Notre Dame de Paris et le Mémorial des martyrs de la Déportation, faisant de l’IMA un carrefour des religions du livre à travers sa façade.
Comment est-ce que ça va impacter la scénographie ?
Le dévoilement de la façade nord dans le musée va dégager de magnifiques vues sur la ville et renforcer la connexion entre l'intérieur et l'extérieur. Les vitrines et les cimaises peuvent contribuer à ce dialogue, en créant des tunnels de perspective grâce à leur disposition. Il pourrait y avoir aussi un jeu sur la hauteur des vitrines qui viendraient créer une skyline, à l’image de celle qui se trouve à l'extérieur.
Mots des scénographes
“Le musée a une particularité, c'est qu'il a trois façades. Il a la façade Moucharabieh, il a la façade courbe sur la Seine, et puis, il y a la façade sur le patio, qui n'est visible que depuis le musée, qui est actuellement obstruée. Notre objectif, c'est de retrouver cette transparence là, aux différents moments de la journée avec notre système de stores. Même quand les stores sont baissés, ce sera avec des occultations qui filtrent plus qu’ils n’occultent. ”
Collection
Qu’est-ce que c’est ?
La collection d’un musée correspond à l’ensemble des objets qui y sont conservés, que ce soit dans les salles d’exposition, ou dans les réserves qui ne sont pas accessibles au public. Le musée a pour mission de protéger cette collection, de l’étudier, de la montrer au public et de la transmettre aux générations futures.
En quoi ça concerne le musée ?
Les scénographes doivent prendre en compte la diversité des collections pour organiser l’espace d’une manière claire et compréhensible. Les œuvres récentes, principalement en deux dimensions, seront mises en dialogue avec des œuvres anciennes, en trois dimensions. Les cimaises et les vitrines devront donc cohabiter harmonieusement pour accueillir cette diversification.
Comment est-ce que ça va impacter la scénographie ?
Les scénographes doivent prendre en compte la diversité des collections pour organiser l’espace d’une manière claire et compréhensible. Les œuvres récentes, principalement en deux dimensions, seront mises en dialogue avec des œuvres anciennes, en trois dimensions. Les cimaises et les vitrines devront donc cohabiter harmonieusement pour accueillir cette diversification.
Mots des scénographes
« La collection est très diverse, mais c'est ce qui fait la richesse du musée et c'est ce qui en fait aussi la difficulté d'organisation du nouveau parcours. La collection est une succession de singularités, et notre travail est leur mise en valeur ainsi que les histoires derrière tous ces objets. Les objets anciens et les œuvres d’art contemporaines doivent être considérés de la même manière dans la scénographie. »
Circulation
Qu’est-ce que c’est ?
Dans un musée, la circulation correspond à la manière dont les visiteurs se déplacent dans les salles. La circulation structure la manière dont le public traverse le musée et accède aux œuvres. Il s’agit aussi d’un outil pour aider à comprendre le discours du musée autour des collections.
En quoi ça concerne le musée ?
À l’Institut du monde arabe, le parcours du musée est réparti sur plusieurs étages que les visiteurs doivent parcourir de façon fluide. Le chemin à suivre doit être clair et indiqué par la signalétique, et il doit aider le visiteur à comprendre le programme scientifique et la sélection des œuvres.
Comment est-ce que ça va impacter la scénographie ?
Les scénographes doivent imaginer comment les visiteurs vont se déplacer dans les espaces du nouveau musée pour rendre la circulation la plus fluide possible. Elle doit aussi prendre en compte les visiteurs à mobilité réduite, en laissant assez d’espace pour que les fauteuils puissent passer et en intégrant les ascenseurs au parcours. Des espaces qui peuvent accueillir des groupes sont aménagés pour que les visites guidées ne gênent pas la circulation.
Mots des scénographes
« Le musée va être dense. Ce qui est complexe, c’est que les espaces ne sont pas généreux. On a un propos, on essaie de faire rentrer un carré dans un cercle. Et donc, il faut qu'on arrondisse les angles du carré pour le faire rentrer dedans. On doit prendre en compte tous les paramètres d'architecture et d'expression de la collection. »
Lumière
Qu’est-ce que c’est ?
Dans un musée, la lumière est présente à la fois de manière artificielle et de manière naturelle. Artificielle, la lumière est un outil de mise en valeur des œuvres et des objets exposés. Naturelle, la lumière doit être maîtrisée pour respecter des contraintes de conservation. Tout est une question d'équilibre entre valorisation et protection.
En quoi ça concerne le musée ?
A l’Institut du monde arabe, la lumière est synonyme de transparence. La lumière fait partie de l’architecture du bâtiment, qui a été conçue pour être ouverte sur la ville. Pour préserver des œuvres fragiles comme les textiles ou les manuscrits, la lumière naturelle est actuellement restreinte, et ce sont plutôt les vitrines qui jouent le jeu de transparence dans cet espace.
Comment est-ce que ça va impacter la scénographie ?
La refonte du musée vise à réinviter la lumière naturelle dans les salles en désoccultant la façade vitrée. Pour faire rentrer la lumière tout en respectant la conservation des œuvres, les scénographes proposent d’utiliser des filtres transparents qui permettent de voir à travers. Le projet cherche aussi à renforcer l’idée de transparence, par exemple en repensant le soclage pour permettre d’observer les œuvres sous plusieurs angles.
Mots des scénographes
« Ce qu'on souhaite dans le projet, c'est retrouver de la transparence, réactiver la machine. Donc, un jour sombre, il n'y a pas lieu d'occulter le musée. Un jour lumineux, certes. Il faut qu'on arrive à gérer le contraste lumineux entre l'intérieur des vitrines et l'apport solaire extérieur. On est dans ce processus là, d'être dans un musée actif. »